La Terre et la vie à sa surface souffrent et, pour la première fois de son histoire, le genre humain doit prendre des décisions importantes. Il lui faut faire des choix qui vont déterminer son avenir, mais aussi l'avenir des espèces qui l'accompagnent sur cette boule ronde, tout petit point perdu dans l'un des bras de notre galaxie.
Voulons-nous rester sur Terre? Voulons-nous nous développer dans l'espace? Voulons-un avenir spirituel au delà des dogmes? Allons-nous, comme le disent les scientifiques, vers une extinction majeure sachant que nous risquons de perdre 75% des espèces dans un avenir proche? Ou encore allons-nous cesser d'exister par manque d'intérêt pour la vie terrestre comme le suggère C.Godin dans "La fin de l'humanité"?
L'avenir de l'humanité sera probablement le résultat de plusieurs de ces orientations. L'extinction majeure risque de survenir lors des trois prochains siècles, mais nous pouvons imaginer que certaines communautés auront réussi à créer des colonies spatiales, certaines autres auront développé des moyens de vivre sur notre planète malgré les ressources épuisées. Les trois grandes étapes imaginée par J. Attali dans "Une brève histoire de l'avenir" ne font que commencer: hyperempire, hyperconflit, puis enfin hyperdémocratie. Mais l'hyperdémocratie risque de ne jamais voir le jour, ou d'être réservée à un petit groupe d'humains, si nous ne sommes pas capables de gérer correctement l'ordre mondial et les conflits à venir.
L'avenir sur Terre
Certains disent que l'avenir de l'humanité se trouve sur notre planète. Ils pensent qu'il n'y a pas de planète de rechange, du moins pour l'instant étant donné les connaissances dont nous disposons. La Terre est un vaisseau spatial et ses capacités, même si elles sont vastes, ne sont pas infinies. Dès lors, quel est l’avenir de l’humanité sur cette Terre? Dans un livre très argumenté: "Surviving 1000 centuries, can we do it?", deux astronomes: Roger-Maurice Bonnet, président du Cospar et ancien directeur des programmes scientifiques de l’Agence spatiale européenne, et Lodwijk Woltjer, ancien directeur général de l’Observatoire européen austral, dressent un état des lieux détaillé de la Terre. Nous devons gérer notre planète comme un vaisseau spatial, disent-ils. Il n'y a pas de Terre de rechange. Réchauffement climatique, croissance démographique, disponibilité des ressources, l'avenir de la planète bleue est certes préoccupant, mais pas obligatoirement sombre.
Science et espoir
La science nous ouvre régulièrement des horizons nouveaux, mais elle prend de plus en plus conscience de la nécessité d'agir en tenant compte de la vie humaine. A ce titre il est intéressant de lire le texte adopté par le Conférence mondiale sur la science organisé par l'Unesco et intitulé: "DÉCLARATION SUR LA SCIENCE ET L'UTILISATION DU SAVOIR SCIENTIFIQUE". Il dit notamment: "Le renforcement du rôle de la science, pour qu'elle contribue à l'édification d'un monde plus équitable, prospère et viable, nécessite un engagement à long terme de tous les acteurs, publics et privés, à travers l'accroissement des investissements, la révision des priorités d'investissement en conséquence, ainsi que le partage des connaissances scientifiques." La science peut-elle nous aider à imaginer une monde viable plus orienté vers les besoins humains et devenir une source d'espoir?
Par ses actions la science nous permet d'avoir de plus en plus conscience de notre environnement. Elle nous montre les risques à court, moyen et long termes, générés par nos actions et les conséquences que celles-ci entrainent. Les alertes émises régulièrement par le monde scientifique concernent tous les aspects de la vie sur terre: disparition des insectes pollinisateurs, changements des courants marins, modification du climat, risques médicaux de certains comportements, risques nucléaires, évolution des barrières de corail, risques présentés par les engrais et bien d'autres alertes sont disponibles régulièrement en provenance des chercheurs du monde entier.
Par ailleurs la science n'est pas seulement un moyen d'alerte. Elle tente de trouver des solutions aux problèmes qui lui sont présentés et aux défis qu'elle se donne. Elle tente de trouver de nouvelles voies vers des territoires inconnus. Ainsi la science peut favoriser le bien-être des humains par le développement de techniques nouvelles. Mais les découvertes et les techniques mises au point ne débouchent pas toutes sur des utilisation pacifiques. Ainsi les scientifiques qui ont découvert la fission nucléaire se doutaient-ils de ce que les hommes étaient capables de faire avec ces idées? Les chercheurs qui travaillent dans l'ingénierie génétique peuvent-ils imaginer comment les grands groupes industriels exploiteront dans l'avenir leurs découvertes?
La science défriche, découvre et trouve des solutions, elle n'a pas à s'ériger en censeur. C'est ensuite aux institutions, aux politiques, aux philosophes et penseurs de tous bords de souligner les dangers potentiels des découvertes réalisées. Mais les hommes n'ont peut-être pas actuellement la sagesse de gérer correctement ce que les chercheurs découvrent régulièrement. La science peut participer à l'avenir de l'humanité ou contribuer à sa perte, c'est au humains qu'il appartient de faire les bons choix en connaissance de cause. L'humanité utilise le feu qui est à la fois dangereux et bénéfique, il lui faudra aussi utiliser judicieusement les retombées scientifiques afin de ne pas se détruire et ne pas détruire la planète.
L'humain a besoin d'énergie
Notre besoin d'énergie, associé à des ressources non renouvelables et à une pollution de plus en plus grande, nous oblige à regarder vers de nouvelles sources d'énergies. Nous ne sommes plus à l'âge primaire du charbon et du pétrole, nous savons tous maintenant ce que va nous coûter l'exploitation inconsidérée des réserves mondiales. Il nous faut maintenant des énergies propres si nous voulons avoir un avenir sur cette planète.
La maîtrise de l’énergie a été un facteur important dans le développement de l’humanité et nous aurons toujours besoin d'énergie, mais pouvons-nous envisager une énergie propre? L’utilisation des ressources non renouvelables a des impacts écologiques importants et nous atteignons les limites de l'adaptabilité de l’environnement terrestre. Nous devons assurer les besoins de l’humanité en énergie tout en réduisant les impacts environnementaux. Face à ces défis, plusieurs réponses doivent être simultanément envisagées telles que la réduction de la demande, l’augmentation de l’efficacité énergétique des outils, la diversification des sources d’énergie, l’accentuation de la recherche et du développement technologique en matière d’énergies alternatives.
Evolution nécessaire du politique
La politique fait aussi partie des paramètres à considérer si on veut avoir quelques chances de survivre sur notre planète. Hélas, quelque soit le système politique mis en place, le pouvoir appartient à un petit groupe d'individus. Dans les pays dits démocratiques, le pouvoir est en principe confié à des "représentants du peuple", mais quand on voit les décisions prises on peut se demander s'ils ne sont pas les représentants d'une oligarchie financière mondiale. C'est généralement beaucoup plus clair pour les régimes politiques plus autoritaires ou totalitaires, dans ce cas les peuples sont dominés et exploités au profit d'un petit groupe de puissants. Si l'humanité veut un avenir sur Terre, celui-ci passe inévitablement par une évolution des systèmes politiques. Il n'est plus possible d'exploiter la terre et le vivant au profit de quelques uns.
A travers le monde entier, les peuples sont dominés par des petits groupes de puissants. Même les démocraties d'aujourd'hui accusent une dérive totalitaire. Les libertés sont de plus en plus limitées et les gouvernements développent de plus en plus de moyens pour garder le contrôle: mise en oeuvre de fichiers centralisés, limitation du droit à l'information et du métier de journaliste, responsabilité pénale dès l'âge de 10 ans, détention provisoire dès l'âge de 13 ans, loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure, contrôles biométriques et scanners corporels, prélèvements biologiques et fichages génétiques, agressivité et toute puissance des forces de l'ordre, contrôle des moyens de communication et de l'économie numérique, incitation à la délation, généralisation des caméras de télésurveillance. Les états sont souvent dirigés par des élites coupées de leurs populations, ces états ne sont plus que des caricatures d'eux-même et dans certains cas ils s’autodétruisent.
Dans ces conditions le monde politique a-t-il encore un futur et un rôle à jouer pour l'avenir de l'humanité? Les hommes politiques sont confrontés à une situation totalement nouvelle, et les économistes n'ont pas de modèle économique viable à leur fournir. Il n'y a actuellement aucune solution au problème du déficit de la balance des paiement américaine, sauf à déboucher sur des crises économique mondiales. Il n'y a aucune idée efficace pour lutter contre le chômage, puisque l'objectif est de faire de l'argent et non pas de rendre les gens heureux. Pour pouvoir trouver des solutions susceptibles de répondre aux graves problèmes que devra affronter l'humanité dans les décennies à venir, le hommes politiques du monde entier devraient mener une réflexion prospective globale. Mais actuellement la plupart de ces hommes politiques sont centrés sur les problèmes de l'Etat-Nation dont ils sont les responsables, ils n'ont pas la vision globale qui leur permettrait de porter une vue saine sur l'ensemble de la population de la planète.
Si on considère que la politique est un élément indispensable pour vivre ensemble et si on considère que l'avenir de l'humanité doit en partie se faire sur Terre, alors il faut que l'ensemble des représentants politiques du monde entier fasse une démarche constructive. Il est nécessaire que les politiques oublient leurs privilèges, leurs pouvoirs, leurs richesses, leurs images, et qu'il se consacrent entièrement à l'avenir du bien-être des humains sur notre planête. Qu'ils cessent d'être centrés uniquement sur l'avenir d'un petit territoire qu'on appelle nation, pays, région ou autre et qu'ils travaillent à la création d'une véritable démocratie planétaire, et qu'ils ne laissent pas le monde aux mains de quelques puissants qui n'ont pour objectifs que de gagner encore plus d'argent.
Une place pour l'humanisme
A quoi servirait la science, les recherches sur l'énergie, la politique, si la notion d'humanisme était mise de côté? L'humanisme met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l'être humain. Ainsi Pierre Rabbhi, se demande si, dans un monde dit moderne, de plus en plus minéral, monétariste, mécaniste et hors-sol, un avenir conforme à la nature profonde de l’être humain est encore possible. Pour prouver que la réponse peut être positive, il met en oeuvre un style de vie qui, bien que basé sur un savoir ancestral et ancré dans le bon sens, montre qu'un certain futur est possible. Les différentes associations qui développent ses idées travaillent inlassablement pour faire prendre conscience, au plus grand nombre, qu'un humanisme sur terre est possible. Ces associations agissent également concrètement, par des actions dans des pays en voie de développement, à développer un mode de vie plus respectueux de la terre et à profiter localement de ses bienfaits. A condition de s'y prendre maintenant, sans attendre que nos représentants politiques prennent les décisions pour nous, un avenir pour une certaine humanité est encore possible sur terre, une humanité qui saura partager, donner, recevoir sans surexploiter.
Ainsi que l'écrit le mouvement humaniste: "Une véritable "révolution" est nécessaire, une transformation des conditions sociales injustes et violentes dans lesquels nous vivons et une transformation personnelle. La méthodologie d'action pour entreprendre ces changements est celle de la lutte non-violente active. Les Humanistes visent un changement de civilisation, une évolution des mentalités, ils aspirent à une nation humaine universelle."
Toutes les actions humanistes menées par des associations, des individus, des mouvements à tendance politique, participent à la nécessaire évolution des esprits. Il n'est pas possible de continuer ainsi vers la destruction de l'humanité et une réflexions humaniste est plus que nécessaire pour tenter d'avoir une vue à plus long terme.
L'avenir dans l'Espace
L'avenir de l'humanité passe aussi par l'espace. Le physicien britannique Stephen Hawking a déclaré: « Sur le long terme, la survie de l'espèce humaine est en péril tant que nous resterons confinés sur une seule planète », alors qu'on lui remettait la médaille Copley de la Royal Society, la plus grande distinction scientifique, que l'on puisse recevoir outre-Manche.
Mais l'humanité est-elle prête à se développer dans l'espace? La technologie spatiale, bien qu'ayant fait des progrès, a encore beaucoup d'effort à fournir avant de proposer à des groupes de personnes d'aller vivre dans l'espace, sans compter les contraintes dues aux lois universelles. Plus la vitesse d'un corps augmente et plus sa masse augmente et il faut donc de plus en plus d'énergie pour augmenter sa vitesse. En théorie, il faudrait une énergie infinie pour atteindre la vitesse de la lumière. Mais la physique quantique peut nous réserver bien des surprises et ce qui nous semble aujourd'hui impossible sera peut-être facile dans quelques siècles.
La technologie spatiale
Tout le monde se souvient des premiers pas de l'homme sur la lune: "un petit pas pour l'homme et un grand pas pour l'humanité". La conquête spatiale est un défi majeur sur le plan technologique et envoyer des hommes dans l’espace est aussi un grand défi humain. Les conséquences physiques et psychologiques ne sont pas négligeables pour ceux qui sont appelés à partir. Les modifications de la pesanteur ont des conséquences que le fonctionnement du corps humain, les risques sont nombreux et les voyageurs de l'espace doivent être entraînés et posséder des qualités physiques et morales importantes.
Le déplacement physique dans l'espace limite grandement les distances à parcourir, à cause des contraintes à supporter par les humains et à cause des lois universelles de l'espace temps. Dans ces conditions et si les moyens de déplacement utilisés consistent à déplacer un corps dans l'espace temps, alors les humains ne pourront pas aller beaucoup loin que leur propre système solaire. L'étoile la plus proche de notre système solaire, Proxima Centauri, est à 4,22 années lumière, alors un déplacement même chez nos voisins les plus proches dans le même bras de notre galaxie risque d'être un sérieux problème! Même en utilisant l'hibernation, les astronautes devront attendre des siècles, à quelques milliers de kilomètres par secondes, pour atteindre l'étoile la plus proche. Alors les déplacement physiques, dans les conditions technologiques que nous connaissons actuellement, seront limités à notre système solaire. Au delà il nous faudra trouver d'autres technologies et faire d'autres découvertes.
Le déplacement immatériel est aussi impossible en l'état de nos connaissances. Pour envisager de faire voyager un objet dans l'espace en se passant des contraintes liées à la masse, à la vitesse et à l'énergie, il faudrait pouvoir analyser l'ensemble de l'information qui constitue l'objet, transmettre cette information à la vitesse de la lumière, puis reconstituer l'objet en arrivant à destination. Si l'idée est intéressante pour un auteur de science fiction, elle est totalement impossible à mettre en œuvre avec les connaissances qui sont les nôtres actuellement. Certes des chercheurs ont réalisé la téléportation quantique d'atomes en laboratoire, mais il ne s'agit que d’atomes. La téléportation d'objets, qui nécessiterait un transfert instantané de matière, est impossible en l'état actuel de nos connaissance. Donc l'avenir de l'humanité dans l'espace ne peut pas pour l'instant passer par la téléporation.
Les contraintes de l'espace temps
Les contraintes de l'espace et du temps sont pour l'instant impossible à dépasser. En conséquence, nous irons probablement faire des voyages dans notre système solaire. Puis, nous aurons peut-être une technologie qui nous permettra de voyager dans notre galaxie, mais il nous faut trouver des moyens de voyager à des vitesses très élevées.
Pour des voyages vers les autres galaxie ce sera beaucoup plus difficile, la plus proche voisine de notre galaxie est la galaxie d'Andromède qui se trouve à 2,9 millions d'année lumière! Ce n'est pas la porte à côté et si l'humanité a un jour une petite chance de faire un tel voyage, ce sera probablement avec ces connaissances que nous n'avons pas actuellement et à des vitesses beaucoup élevées que la vitesse de la lumière. A ce jour la vitesse de la lumière est une barrière complètement infranchissable, à moins de trouver des moyens de modifier l'espace temps, ce que nous ne savons pas faire actuellement.
Coloniser le système solaire
Il faudra, des semaines, des mois, des années pour aller d'un point à un autre de notre système solaire avec les moyens techniques dont nous disposons aujourd'hui. Un aller-retour sur Mars pourrait durer 24 mois en comptant l'aller, le temps sur place et le retour. Mais, en plus du délai, il faut également compter sur les risques encourus (variation et absence de pesanteur, conditions de travail à la surface de Mars, retour à la gravité terrestre,...). Une mission humaine vers Mars nécessiterait de mieux connaître les effets sur un organisme humain d'un vol aussi prolongé que le vol vers Mars.
Cependant le déplacement au sein de notre système solaire peut s'envisager par la volonté de l'humanité de s'étendre dans l'espace. Coloniser notre système solaire est une première étape nécessaire et incontournable avant d'envisager d'aller plus loin.
Voyage dans la voie lactée
La voie lactée, notre galaxie, a un diamètre de 100 000 années lumière et son épaisseur au centre est de 16 000 années lumière, l'étoile la plus proche est à 4,2 années lumière de nous. Dans ces conditions et en fonction de nos connaissance actuelles il est impossible d'envisager des déplacement dans notre galaxie. L'humanité, pour se développer dans la galaxie, devra trouver et mettre au point des techniques qui sont actuellement totalement hors de notre intelligence.
Lointaines galaxies
Le déplacement vers les autres galaxies est actuellement impossible. Les galaxies les plus proches de la voie lactée sont des mini galaxies, satellites de notre galaxie: Grand Chien, Sagittaire, Nuages de Magellan. Elles n'en sont pas moins à: 42 000, 80 000 et 170 000 années lumière du centre de notre galaxie. En dehors de ces mini galaxies satellites, la galaxie la plus proche est Andromède et elle se situe à 2,9 millions d'années lumière. Il faut trouver de nouvelles techniques pour voyager sur de telles distances.
La vitesse de la lumière
Aucun objet possédant une masse ne peut se déplacer plus vite que la lumière, ceci est une conséquence de la théorie de la relativité restreinte proposée en 1905 par Albert Einstein. Certains abordent cependant la notion de vitesse supraluminique, mais il s'agit plutôt d'idées qui relèvent du domaine de la science-fiction. Par conséquent, l'humanité ne peut pas actuellement envisager de voyager dans l'univers à des vitesses plus élevées que la vitesse de la lumière.
Un avenir possible c'est aussi une extinction majeure
Au cours de l'histoire terrestre cinq grandes extinctions massives ont eu lieu. Il y a 580 millions d'années un astéroïde est entré en collision avec la Terre. L'extinction de l'Ordovicien-Silurien il y a 440 millions d'années est probablement due à une grande glaciation, elle-même conséquence d'un évènement cosmique. L’extinction de la fin du Dévonien il y a environ 375 millions d’années s'est déroulée sur une période relativement longue (de 2 à 4 millions d'années) et pourrait être due à plusieurs facteurs: hypoxie marine, refroidissement global, baisse du niveau des océans, météorites, autant d'hypothèses avancées par les spécialistes. La fin du Permien il y a 245 millions d'années est probablement le résultat d'impacts multiples sur la Terre dans ce qui est l'Amérique du Sud actuelle. La fin du Trias, il y a environ 200 millions d'années, pourrait être due à l'impact d'un objet cosmique, les dernières recherches ayant montré que cette extinction a été rapide. ) . La fin du Crétacé, il y a 65 millions d'années, est attribuée à la chute d’une météorite de 10 kilomètres de diamètre au Mexique, probablement associée aux effets d’une période de volcanisme intense.
Aujourd'hui de nombreux scientifiques pensent que la planète traverse la sixième grande crise d’extinction de son histoire. Deux facteurs principaux la caractérisent : l’échelle de temps et son origine. Alors que les crises précédentes se sont étalées sur des milliers voire des millions d’années, celle d’aujourd’hui se déroule sur une échelle ridiculement courte de quelques centaines d’années, et est provoquée par une seule espèce : l’homme. L’activité de celui-ci modifie en profondeur son environnement, fragilise et réduit la variété du monde vivant.
Un extinction de masse signifierait la perte de 70% à 90% de toutes les espèces vivantes sur Terre, dont l'espèce humaine! Certes quelques privilégiés pourraient survivre dans des espaces protégés, des villes souterraines, des cloches de protection, mais pendant combien de temps? Il leur faudrait développer les mêmes techniques que dans l'espace et devenir totalement autonomes. La terre ne serait plus pour eux - du moins pendant des dizaines de millier d'années - le havre de paix que nous avons connu. Elle serait juste un objet dans l'espace et la vie à sa surface nécessiterait une connaissance technologique que nous sommes encore loin d'avoir.
Les raisons d'une extinction de masse
Plusieurs causes pourraient être à l'origine d'une sixième grande extinction: impact d'un ou plusieurs astéroïdes, conflit nucléaire, disparition des ressources, manque de volonté de l'humanité de poursuivre l'expérience de la vie sur terre.
De nombreux astéroïdes sont potentiellement dangereux pour la terre, mais l'expérience du passé nous montre que le risque de collision est très faible, ce risque est bien plus faible que n'importe quel autre risque d'origine terrestre. Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter et nous pouvons inventorier tranquillement tous les objets potentiellement dangereux pour laisser à nos descendants les informations nécessaires à leur protection.
L'arme nucléaire fait désormais partie de la condition humaine. Un conflit nucléaire entraînerait la mort de millions de personnes, mais ce conflit répandrait des cendres radioactives sur tout le globe qui modifieraient du même coup le climat de la planète et la couche d'ozone. Les pays qui possèdent l'arme atomique ne sont pas nombreux mais leur puissance de destruction est énorme: Etats-Unis d’Amérique, Royaume-Uni, France, Russie, Chine, Israël, Inde, Pakistan, peut-être l'Iran et peut-être la Corée du Nord. D'autres pays sont capables de développer l'arme nucléaire en quelques années: l’Algérie, la Syrie, la Libye, le Brésil, l’Argentine. L'Afrique du Sud, cas unique, a donné l'exemple quand elle a rompu avec le régime de l'apartheid, elle a renoncé aux bombes atomiques qu'elle avait produites en secret. Le progrès technique a rendu envisageable, l'anéantissement de toute forme de vie sur Terre! Tous ces pays, qui détiennent la bombe et ceux qui dans l'avenir la détiendront, auront-il la sagesse et le calme nécessaire pour ne pas déclencher de conflit nucléaire? Rien n'est moins certain et l'anéantissement du genre humain suite à des conflit nucléaires n'est pas totalement à exclure.
La pollution créée par la présence de l'être humain sur terre ne cesse de s'agraver et les gaz à effet de serre se développent de plus en plus. Le résultat est un dérèglement du climat avec réchauffement global, fonte des glaces, montées des océans, disparition des espèces, augmentation de la fréquence et de la gravité des ouragans et tempêtes. Dans ces consitions la terre risque de ne plus pouvoir assurer un espace viable pour l'ensemble des espèces, dont l'humanité. Il ne faut pas oublier que sur Vénus, l’effet de serre est responsable de la température infernale qui règne à sa surface : environ 460°C. Le processus de réchauffement est bien enclenché et nous produisons des quantités de plus en plus grandes de gaz à effet de serre chaque année. Le CO₂ que nous émettons aujourd’hui s’accumule dans l’atmosphère où il demeurera pendant plus de 100 ans. Nous prenons donc des risques importants en continuant à émettre de plus en plus de gaz à effet de serre.
Indépendamment du réchauffement climatique par les gaz à effet de serre, le mode de vie de l'humanité épuise les ressources naturelles de la planète, il n’est pas durable. L’extension des zones d’habitation et des surfaces agricoles menace la biodiversité, c’est à dire les ressources végétales et les espèces animales. 35 Millions de km2, soit le 1/4 des terres émergées sont soumis à un phénomène de dégradation. D’ici à 2025, les besoins en eau auront augmenté de manière exponentielle. L’agriculture mondiale qui consomme déjà 70% des ressources d’eau de la planète, verra ses besoins progresser de 20 %. On prévoit en effet que les surfaces irriguées passeront à environ 330 millions d’hectares, alors que leur superficie actuelle est d’environ 260 millions. Un rapport de l'ONU dit que si l'humanité continue sur sa lancée, elle consommera en 2050 trois fois plus de matières premières qu'aujourd'hui, bien au-delà de ce qui est supportable. Toujours selon l'ONU, les ressources de la mer seront épuisées d'ici 50 ans. L'épuisement des ressources naturelles est très court comparé à l'évolution de la terre: 2012 fin du terbium, 2018 fin du hafnium, 2021 fin de l'argent, 2022 in de l'antimoine, 2023 fin du palladium, 2025 fin de l'or, du zinc et de l'indium, 2028 fin de l'étain, 2030 fin du plomb et du lithium, 2038 fin du tantale, 2039 fin du cuivre, 2040 fin de l'uranium, 2048 fin du nickel, 2050 fin du pétrole, 2064 fin du platine, 2072 fin du gaz naturel, 2087 fin du fer, 2120 fin du cobalt, 2139 fin de l'aluminium, 2158 fin du charbon. L'ensemble des ressources étant épuisées, l'humanité disparaîtra. En effet, sans eau, sans végétaux, sans espèces animales, sans ressources naturelles, l'humanité ne pourra pas survivre. Sauf, encore une fois, pour une toute petite partie de la population qui aura su et qui aura pu (par son argent et son pouvoir) préparer sa survie. Mais l'existence des humains qui pourraient survivre à l'épuisement des ressources n'est pas franchement à envier. Ils seront limités dans leurs déplacements, dans leurs consommation, dans leur créativité. Leur vie sera devenue un esclavage permanent, prix à payer pour avoir détruit leur jardin d'éden qu'était la terre auparavant. Et leur vie sera probablement limitée dans le temps, il finiront aussi par disparaître...
Enfin, certains mouvements prônent une extinction volontaire de l'humanité en s'abstenant de faire des enfants, ceci sans violence et librement consenti. Ces mouvements, et d'autres plus radicaux, sont rares et n'ont pas beaucoup d'influence sur la population. Mais la question reste posée: l'humanité risque-t-elle de disparaître par manque de volonté de vivre, par ennui, par fatigue après avoir constaté que toutes ses actions ont plus de conséquences négatives que positives? Cependant la vie à une telle force, une telle énergie, qu'une disparition volontaire du genre humain est probablement à considérer comme peu probable.
Conséquences
Évidemment une sixième grande extinction serait, pour la planète, un moyen de repartir et de recréer d'autres formes de vies. Certes il faudrait des centaines de milliers d'années, voir des millions d'années, pour développer la vie et la faire évoluer. Mais la cause de la sixième grande extinction aura disparu et la terre sera libérée, la flore développera d'autres couleurs, la faune pourra vivre et mourir en paix!
La terre étant libérée de l'espèce la plus destructrice de tous les temps, le climat pourra lentement évoluer et, de crises glaciaires en périodes de réchauffement, elle pourra retrouver un certain équilibre et de nouvelles espèces pourront se développer. Les traces visibles de l'homme dureraient beaucoup moins longtemps que l'aventure de la civilisation: moins d'un millénaire. Les villes seraient recouvertes par les forêts en moins d'un quart de siècle, à cause des incendies et des infiltrations d'eau.
La flore, après une période de dévastation, retrouvera vite les moyens de se développer. Cinq ans après la disparition de l’Homme, les routes et les rues seront recouvertes d'un tapis de végétation, Central Park sera une forêt. Vingt ans plus tard, les villes ressembleront à des semi-jungles. Les temples d'Ankor au Cambodge ou de Palenque au Mexique montrent comment la nature reprend ses droits après seulement quelques centaines d'années sans l'homme. Les villes modernes, privées de leurs jardiniers, seraont très rapidement envahies par la nature. La catastrophe de Tchernobyl s'est déroulée il y a 25 ans et, depuis, la végétation a envahi les villages et les villes de la zone évacuée, ceci malgré le taux élevé de contamination radio active. La vitesse de régénération est très impressionnante, même dans les zones qui ont été les plus touchées par l'accident nucléaire. Les arbres, qui ont été particulièrement fragiles face aux radiations, sont revenus et ils se développent maintenant au sein même des villes.
Quant à la faune, elle trouvera un nouvelle liberté et pourra elle aussi se développer rapidement après la période de dévastation. Les loups peuvent coloniser un lieu en très peu de temps lorsque les conditions sont favorables (10 ans). D'autres espèces sont également capables de coloniser un territoire très facilement, on l'a vu sur le territoire laissé libre autour de Tchernobyl. La faune, sans l'homme, peut vivre sans problème. Ou alors si tout est devenu stérile, il faudra des centaines, des milliers d'années, pour que nouvelles espèces renaissent et colonisent la terre à nouveau.
Si on considère que l'extinction majeure a laissé quelques îlots de communautés humaines sur la planète, il faudra que celles-ci aient la possibilité de survivre sur une planète dévastée. Il leur faudra la technologie et le savoir faire pour vivre comme dans une station spatiale: obtenir des ressources pour vivre, se protéger des conditions extérieures. Leur combat sera rude, bien rude...
Et l'option spirituelle?
"Le grand problème du XXIème siècle sera celui des religions". C'est ce que pensait A.Malraux et, à voir l'importance accordée aux courants religieux actuellement, sa vision semble terriblement d'actualité. Il pensait aussi qu'"un évènement spirituel à l'échelle planétaire n'est pas à exclure" et que "l’humanité du siècle prochain devra trouver quelque part un type exemplaire de l’homme". Alors comment vont évoluer les monothéismes, d'autres voies sont-elles possibles, quelle éthique allons-nous développer pour notre société technologique? Voici quelques questions auxquelles nous devrons répondre pour construire notre avenir, sauf si nous choisissons l'extinction.
On a longtemps associé spiritualité et religion et parfois considéré ces deux mots comme des synonymes, mais aujourd'hui on peut facilement imaginer une spiritualité qui ne serait pas systématiquement associée à une religion. Le développement d'une spiritualité indépendante et autonome ne signifie pas le déclin du religieux. Les deux notions peuvent fort bien se cotoyer: ceux qui ont une foi peuvent vivre leur spiritualité dans la foi, ceux qui ne croient pas en un dieu peuvent vivre une spiritualité libre; à condition toutefois que les grands mouvements monothéistes respectent la liberté de chacun.
Monothéismes
Edgar Morin est un sociologue et philosophe français qui considère le monothéisme comme un « fléau de l'humanité ». Il nous rappelle que les humains sont une partie d’un univers plus vaste et qu'ils ne peuvent vivre hors de cet univers.
Cette position marquée est à rapprocher de ceux qui pensent que les religions monothéistes ont apporté sur terre l’intolérance, la haine, la guerre et l'obscurantisme. Comme disait Voltaire: "Les religions ne sont jamais si bien comprises que par ceux qui ont perdu leur capacité de raisonnement". Pour certains penseurs, philosophes, athées, conscients de certaines dérives, les religions monothéistes permettent depuis des millénaires, à certains hommes de commettre les pires atrocités et les actes les plus barbares au nom et à la gloire de "Dieu clément et miséricordieux...".
Par contre, pour ceux qui croient en l'existence d'un dieu omnipotent et onmiscient, seul « dieu » connaît la « vérité ». Il la transmet aux êtres humains sous la forme de « textes sacrés » qui sont la base de l’enseignement. Ils acceptent de prendre la parole de dieu comme étant la seule vérité et rien en dehors de cette parole n'est réellement crédible. La foi des fidèles doit être gratuite et soumise. Il faut croire et accepter tout ce qui est suggéré ou imposé. La foi rassure, pour donner l'illusion d'un espoir, l'espoir d'une vie après la mort, l'espoir d'une force supérieure à invoquer ou à appeler lorsque la vie nous est trop pénible. La foi s'accompagne du besoin de prière.
Dans un monde global, où la mondialisation tient lieu de politique de civilisation, il est temps de rappeler que nous sommes interdépendants et qu’il est temps pour nous de penser le monde et non les profits que nous pouvons tirer du monde, que ces profits soient matériels ou spirituels. L'homme commencera à entrevoir la sagesse lorqu'il sera capable d'accepter sans peur et sans artifices sa destinée. La mort est inéluctable et nous devons l'accepter comme une chose naturelle et universelle. Toute chose a un commencement et une fin. L'enfermement dans un système de mensonges rassurants est peut-être plus confortable, en apparence, mais ne conduit qu'à une vie de mensonge, d'ignorance et d'hypocrisie. L'homme devra un jour trouver le courage de regarder les choses en face.
Autres voies
L'humanité semble être à l'aube d'un nouveau mode d'existence. Même si ce n'est pas toujours clairement formulé, elle ne veut plus de cadre éthique et de dogmes issus du passé. Les grand courants éthiques, philosophiques, religieux, doivent évoluer pour répondre aux aspirations de l'être du futur.
Mélanger bouddhisme et éthique héritée de religions ou de mouvement philosophiques anciens semble vouloir faire une nouvelle soupe avec d'anciennes recettes. Les hippies on tenté de se détacher des chaînes du passé, mais ils sont vite retombés dans l'emprise d'autres chaînes. Aujourd'hui de plus en plus d'individus souhaitent vivre leur existence simplement harmonieusement sans être contraints par des règles parfois incomprises. Ils sont également de plus en plus conscients que ces règles du passé n'avaient très souvent qu'un but: rendre service aux puissants, d'où leur envie d'autre chose.
Aurons-nous l'intelligence, la liberté et la volonté de créer un mouvement de pensée digne de l'être humain du XXIème siècle? Le bouddhisme est une forme de spiritualité positive qui est résolument humaniste et pacifique. C'est la seule démarche spirituelle qui n’ait jamais été tentée d’asservir les êtres humains sous prétexte d’honorer ou de vénérer une divinité. Mais les rites du bouddhismes et du zen proviennent des siècles passés et d'une culture qui est loin de la culture occidentale.
Alors, pour le XXIème siècle l'homme devra probablement réfléchir à d'autre voies. Prendre le meilleur des religions monothéistes, du bouddhisme et de la philosophie, tout en respectant la liberté individuelle et en garantissant son libre arbitre, en se passant des contraintes culturelles des siècles passés. Voici un programme bien ambitieux mais indispensable pour aller plus loin et enfin devenir adulte, si l'extinction qui risque d'arriver nous en laisse le temps.
Ethique et technologie
Le monde contemporain est trop exploité et les zones de désertification s'étendent de plus. La personne humaine se sent de plus en plus isolée dans ce monde où les solidarités n'existent plus et dans lequel seule la logique du profit est importante. L'homme moderne est désormais conscient que ses technologies peuvent aboutir à l'extinction de toute vie sur Terre. Cette éventualité n'est bien sûr qu'un possible, mais elle n'est pas improbable et la peur qu'elle provoque peut être à l'origine d'une nouvelle éthique pour empêcher que le pire ne se réalise.
Hans Jonas, dans son livre "Principe Responsabilité", participe à l'évolution de la pensée éthique contemporaine. Dans sa réflexion il se situe dans le courant écologiste, mais il invite aussi l'humanité à devenir responsable et à penser aux devoirs que nous avons face aux générations futures. Le monde nous a été prêté par nos petits-enfants, comme le rappelle un proverbe indien, il faut donc tout mettre en œuvre pour y développer une vie humaine harmonieuse.
Conclusion
L'avenir de l'humanité sera probablement le résultat de plusieurs choix. Une extinction majeure risque de survenir lors des trois prochains siècles si nous ne faisons rien pour changer de cap. Mais nous pouvons imaginer que certaines communautés auront réussi à créer des colonies spatiales. D'autres auront développé des moyens de vivre sur notre planète malgré les ressources épuisées.
Il reste cependant bien du chemin à parcourir avant d'arriver à une humanité qui vivra réconciliée avec elle-même et en harmonie avec son environnement. Aurons-nous le temps de devenir suffisamment sages?
Références
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coranix.org- tableau comparatif des religions
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