Aurons-nous le courage d'échanger quelques idées avec les générations futures, celles qui seront confrontées aux crises à venir?
Nos hommes politiques nous parlent des problèmes d'aujourd'hui, car il ne savent pas, ou ne veulent pas, aller au delà de leurs mandats électoraux. Ils nous cachent les vrais problèmes en parlant de désordres locaux, sans aucune mise en perspective. En agissant ainsi ils génèrent la peur et le rejet dans la population. Or ceux qui commencent leur vie aujourd'hui ont besoin qu'on les éclaire, qu'on leur montre le chemin que la société humaine est en train de prendre, ceci afin de diriger correctement leurs pas vers leur avenir professionnel et plus généralement vers leur avenir d'adulte. La liberté est un vrai plaisir lorsqu'elle est le résultat de choix réfléchis, pensés à partir d'une véritable connaissance de l'environnement. Il appartient donc à la société d'aujourd'hui de fournir cette connaissance aux générations de demain, même si cette démarche demande un certain courage; en effet il n'est pas facile de reconnaître ses erreurs, or ce qui nous arrive est la conséquence d'une suite d'erreurs. Notre société actuelle aura-t-elle la force d'informer les hommes et femmes de demain, afin qu'ils puissent voler de leurs propres ailes dans la lumière de la connaissance acquise.
L'état du monde
Aujourd'hui on entend souvent parler de crise, mais peu de gens savent vraiment de quoi il s'agit. Même les hommes politiques, pour la plupart d'entre eux, ne sont pas conscients de l'état du monde. Pour ceux qui ont un peu plus d'intuition que la moyenne, ils mentent délibérément aux peuples afin de retarder le plus possible une prise de conscience et garantir ainsi leurs mandats électoraux avec les privilèges qui y sont attachés. Toutefois quelques rares politiques, philosophes, scientifiques, penseurs sont très bien informés de la situation actuelle du monde et c'est de ceux là que nous devons tirer notre connaissance, ce sont eux qui nous aident à éclairer notre avenir.
Crise et crises
La crise actuelle est essentiellement économique et financière. Les chercheurs du Laboratoire Européen d'Anticipation Politique estiment que l'origine principale de cette crise vient des Etats Unis. Ils estiment qu'il s'agit de la fin de l'Occident tel qu'on le connaît depuis 1945. Pour eux le pilier de l'ordre mondial du XXème siècle a été représenté par les Etats Unis et ce pilier est en train de s'effondrer dans toutes ses dimensions (économique, monétaire, financière, diplomatique, intellectuelle et stratégique). Ce changement affecte maintenant l'ensemble de la planète et le pilier qu'on croyait solide repose désormais sur des sables mouvants. D'où la nécessité pour l'humanité et les individus de repenser l'ensemble de l'architecture globale de l'économie mondiale.
Mais la crise financière et économique actuelle n'est pas la seule à prendre en considération. D'autres crises commencent à apparaître ou se développeront dans les décennies à venir.
La crise climatique, due essentiellement à l'activité de l'homme, est la conséquence de l'augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, ce qui engendre une élévation moyenne de la température. Par conséquent les glaces des pôles vont fondre, en partie ou totalement, élevant ainsi le niveau moyen des océans. Des changements climatiques sont attendus dont l'augmentation des cyclones et de leurs forces, mais aussi sécheresses, fortes précipitations, modification des vents, vagues de chaleur. Les cultivateurs au pied du Kilimandjaro commencent à ressentir le manque d'eau suite à la quasi disparition des neiges dites éternelles...
La crise écologique est là aussi le résultat de la présence de l'homme sur terre. La pollution (mer, sol, air), l'exploitation des ressources (minerai, pétrole, poissons, animaux, végétal), la raréfaction de l'espace (montée des océans, villes tentaculaires), menacent l'écosystème général et la disparition de nombreuses espèces est annoncée pour les décennies à venir. L'exemple des abeilles est déjà bien avancé, mais aussi celui des baleines ou des ours blancs.
La crise énergétique, quant à elle, sera le résultat de l'exploitation par l'homme de l'énergie non renouvelable (pétrole, gaz, charbon, uranium). Ces ressources ne sont pas inépuisables et leurs durées de vie dépendra de nos besoins qui sont toujours grandissants. Il reste environ: 40 ans de pétrole, 60 ans de gaz, 200 ans de charbon, 100 ans d'uranium. Mais toutes ces énergies sont particulièrement polluantes.
D'autres crises sont à envisager si nous continuons à vivre comme nous le faisons dans les pays occidentaux où notre consommation est inconsidérée: crises sanitaires dues aux pandémies qui auront pour origine les régions denses et pauvres du monde, crises de l'éducation suite à une augmentation importante des populations non instruites, crises politiques et militaires pour le contrôle de certains territoires et de certaines ressources.
Ce qui a été présenté concernant les crises peut paraître bien lointain pour un adolescent ou un jeune adulte d'aujourd'hui, mais il est préférable de savoir vers quoi se dirige le monde, afin de ne pas être surpris mais au contraire de développer une capacité d'anticipation. Ces crises peuvent également être considérées comme une opportunité pour qui est informé et pour qui saura surfer sur les vagues du changement. Et pour reprendre le titre du livre de René Dumont, nous avons le choix entre l'utopie ou la mort (voir à ce sujet l'article de Eva R-sistons). http://sos-crise.over-blog.com/article-30375442.html
Evolution prévisible
L'homme a prouvé dans le passé qu'il était capable de bien des changements. Mais ces changements sont apparus, soit comme conséquences d'opportunités et d'inventions (écriture, métiers à tisser, mécanique, électricité, électronique, etc.), soit par obligation (guerres, révolutions, catastrophes sanitaires, etc.). On peut donc raisonnablement penser que l'homme saura encore une fois réagir face aux difficultés qui sont annoncées. Certes c'est une position optimiste, mais elle préférable à l'attente tranquille de la mort.
La crise économique et financière nécessitera une révolution dans la manière d'appréhender l'argent et la possession en général. Il faudra revenir à de vraies valeurs, comme l'honnêteté, l'engagement, la confiance. Des grandes banques internationales ont fait faillite les deux dernières années, mais d'autres banques sauront rebondir et agir pour un avenir financier plus serein et une meilleure distribution des valeurs.
La crise climatique va continuer, même si on arrivait à supprimer toutes les émissions de gaz à effet de serre. Il faudrait en effet un siècle au minimum pour que de tels changements se fassent sentir. Donc il faut s'attendre à une élévation de la température et à un déplacement global de la vie terrestre vers les contrées plus tempérées (pôles nord et sud).
La crise écologique verra la disparition de nombreuses espèces, malgré les actions de protection de la nature qui seront prises. Mais l'homme commence à prendre la mesure du danger et il conduit déjà des actions pour protéger certaines espèces. Certains chercheurs envisagent même d'aider à la migration massive de certaines espèces. D'autres se penchent sur les solutions de protection des abeilles, qui sont un élément important de la pollinisation des plantes, donc de la production de nourriture et par conséquent de la survie des hommes. Parallèlement à la protection de l'environnement naturel, l'homme développera des techniques modernes permettant de produire beaucoup plus tout en consommant moins, par exemple: des tours spéciales de production de plantes et d'élevage d'animaux en autonomie complète avec recyclage total des déchets, ou encore des iles-villes flottantes qui seront des centres de production d'algues et d'élevage de poissons.
La crise énergétique nécessitera une véritable évolution des mentalités. Il faudra se passer de l'énergie tirée des ressources non renouvelables, pour aller vers la production d'énergie basée sur des ressources permanentes et renouvelables (solaire, vent, géothermie, force des vagues,...). Mais le changement est déjà en cours. L'accident de la plateforme pétrolière au large de la Louisiane, et la catastrophe qui en résulte pour l'écosystème, n'est pas sans impact sur la politique américaine. Barack Obama veut investir 150 milliards de dollars sur dix ans au profit des sources d'énergie à faible teneur en carbone, doubler les dépenses de recherche et développement sur la biomasse, l'énergie solaire et l'énergie éolienne. Ceci est un véritable changement dans une Amérique habituée à consommer sans aucune précautions. D'autres projets sont à l'étude dans les laboratoires de recherche du monde entier : iles avec panneaux solaires sur l'océan pour alimenter la terre, hectares de miroirs dans l'espace pour récupérer l'énergie du soleil, barrages flottants et flexibles pour récupérer l'énergie de la houle, parcs d'éoliennes, etc.
Stratégies à envisager
En fonction des risques et des évolutions possibles, plusieurs stratégies sont possibles :
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Fermer les yeux et ne rien voir. C'est le meilleur moyen de se laisser surprendre, de perdre le contrôle et de se retrouver à terme dans des situations difficiles à vivre.
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Fuir dans un autre monde sachant que cette fuite peut prendre plusieurs aspects: s'enfermer dans le virtuel et les jeux vidéo, renoncer au monde en devenant moine, entrer dans des sectes. A moins d'être rentier ou d'avoir de très fortes affinités spirituelles, cette fuite n'est vraiment pas envisageable pour un jeune adulte qui commence sa vie.
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Agir sur un plan politique pour tenter de participer aux changements du monde. Ceci nécessite une bonne dose de colère et d'exaspération face à la situation ambiante, un besoin d'agir, l'envie de faire la révolution. Mais c'est une démarche particulièrement difficile, pleine de sacrifices et il ne faut pas avoir peur des trahisons... Mais l'homme politique de demain sera probablement plus vertueux, plus sage, plus compétent, plus conscient de l'avenir et moins attachés à ses privilèges.
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Apprendre à surfer sur les vagues du progrès et du changement. C'est probablement la meilleure démarche pour celui qui veut envisager son avenir de manière positive. Pour cela il faudra apprendre le fonctionnement du monde d'aujourd'hui et être conscient des crises et des changements à venir, il faudra être capable de s'adapter et faire preuve d'une grande flexibilité, il faudra parler au moins deux langues et accepter de changer de pays en cas de besoin.
Pour pouvoir prendre en main son avenir, il faut savoir ce qu'on veut faire et quels sont les secteurs d'avenir.
Les secteurs d'avenir
En fonction de ce qui a été dit plus haut on peut imaginer plusieurs secteurs qui seront porteurs pour les décennies à venir.
L'énergie sera de plus en plus nécessaire à l'humanité et ce secteur sera en forte expansion pendant le siècle à venir. Les énergies fossiles (pétrole, gaz, uranium) continueront à être largement utilisées pendant plusieurs décennies, ensuite les énergies renouvelables prendront la relève (solaire, éolien, géothermie, énergie cinétique des océans). On peut facilement imaginer que les grandes entreprises du pétrole, de l'énergie atomique, du gaz, sauront prendre les mesures nécessaires pour passer aux énergies solaires, éoliennes, géothermiques et cinétiques. Les employés de ces structures devront cependant suivre les évolutions ou changer de métier.
L'eau deviendra une denrée de plus en plus rare et les entreprises qui traitent l'eau et la transportent sont assurées d'avoir un avenir solide. Il faut intégrer dans ce secteur les entreprises qui produiront de l'eau douce à partir de l'eau de mer.
Les infrastructures: transports terrestres, aériens, maritimes; transports de l'énergie, transport de l'eau, réseaux de communication. Ces infrastructures seront extrêmement importantes pour la société du futur dans laquelle les gens auront besoin de se déplacer, de communiquer, mais en respectant l'environnement et en évitant la surconsommation.
Si les crises à venir sont synonymes d'inquiétudes pour les humains, alors le secteur des distractions prendra une grande importance. Il faudra permettre aux gens d'évacuer leur stress en leur offrant des centres de vacances et de repos, des croisières, des voyages, et plus généralement tout ce qu'on trouve aujourd'hui comme moyens de distraction, mais là encore dans le respect de l'environnement. D'autres moyens seront à inventer (ex: cinéma 3D en cours d'apparition, voyages sur la lune ou sur mars, …), mais les groupes d'utopistes sauront créer de nouvelles distractions.
L'informatique est un secteur qui continuera à se développer en association avec d'autres technologies comme la nanotechnologie, les neurosciences, la biotechnologie. Ce sont ces technologies qui permettront d'assurer l'évolution d'autres secteurs (contrôles de centrales, économies d'eau, gestion des transports, communications, etc.)
La recherche et l'enseignement supérieur devront être grandement développés dans tous les pays qui voudront avoir un peu d'avenir. C'est en effet indispensable d'avoir des éclaireurs pour voir plus loin que le lendemain matin... Les pays dont les budgets de recherche et d'enseignement sont les plus élevés sont certainement ceux avec lesquels il faudra compter.
Les services vont se développer, pour les entreprises : conseils en gestion des risques, conseils en gestion des compétences, conseils en prospectives ; mais aussi pour les personnes : actes et conseils liés à la santé, assistances aux personnes âgées ou dépendantes.
Les secteurs liés aux besoins de nourriture de l'humanité vont aussi se développer dans le respect de l'environnement : pisciculture, agriculture, élevage. Il leur faudra cependant trouver de nouveaux moyens de production qui respecteront l'environnement et l'espace. L'exemple des algues vertes en Bretagne sera probablement une belle leçon de ce qu'il faut éviter en terme de culture et d'élevage.
Toutes les activités liées à l'écologie vont prendre beaucoup d'importance : protection des forêts, préservation de la mer et des voies d'eau, gestion des déserts et des savanes, gestion de l'air, sauvegardes d'espèces animales et végétales.
La sécurité en général va aussi se développer, pour assurer la protection des biens et des personnes. Mais les états laisseront de plus en plus les entreprises privées assurer ces actions de sécurité, et il y a un grand risque de dérive totalitaire et de restriction des libertés.
Le secteur de l'assainissement (gestion des déchets, traitements des eaux usées, traitements des produits chimiques) est appelé aussi à se développer, toujours pour protéger la nature et l'environnement.
D'autres secteurs risquent par contre de perdre un peu de leur importance. Ainsi les mines sont maintenant fermées en France, la métallurgie va de plus en plus vers des pays où la main d'œuvre est moins chère, la marine marchande recrute maintenant dans les pays d'Asie.
Actions à prendre
En fonction des orientations souhaitées pour un jeune adulte d'aujourd'hui et de ce qui a été présentés ci-dessus, quelques pistes sont envisageables :
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identifier les entreprises qui sont dans les secteurs d'avenir. Faire cette recherche si possible au niveau mondial, sauf si le besoin de sédentarité est le plus important, mais ceci est une élément strictement personnel.
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Trouver les directions et les services intéressants dans ces entreprises, afin de pouvoir les contacter.
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Garder en permanence à l'esprit l'objectif à long terme. Par exemple, un début de carrière dans le pétrole (Total ou BP ou autre) peut se concevoir aujourd'hui mais à condition de s'assurer d'être toujours prêt à rebondir et à changer pour aller vers les entreprises qui investissent dans l'avenir, c'est à dire vers les énergies renouvelables.
On peut espérer (utopie toujours...) que l'Humain de demain sera libre, qu'il pourra vivre, aimer et voler de ses propres ailes, mais à condition de construire cet avenir dès aujourd'hui et jour après jour. Il ne devra accorder sa confiance qu'aux systèmes qui ont prouvé qu'ils en sont dignes.


