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Immigration clandestine à Mayotte

Les Comores...La réalité de l'immigration clandestine à Mayotte, c'est 16 000 personnes reconduites en moyenne chaque années entre 2006 et 2008. La plupart d'entre elles tentent de revenir à Mayotte à leurs risques et périls et dans des embarcations qui souvent font naufrage.

Aux dires de Mr Sarkozy: "un travail remarquable a été engagé, 20 000 étrangers en situation irrégulière ont été éloignés en 2009 ! C’est cinq fois plus que ce qu’on faisait en 2002".1 Pour mémoire il y a moins de 200 000 habitants à Mayotte! En France métropolitaine, qui compte 64 millions d'habitants, il y a eu un peu plus de 29 000 éloignements pour la même période.

Archipel des ComoresEn examinant la carte de l'archipel des Comores, il est facile de comprendre que Mayotte possède naturellement et historiquement des liens avec les autres îles de l'archipel. Vouloir s'affranchir de cette réalité par une politique sécuritaire démesurée, c'est montrer un visage égoïste, inhumain et xénophobe (du grec ancien xénos, «étranger» et phobos, «rejet, peur») de la France. Or la xénophobie aujourd'hui est probablement la plus mauvaise réaction face à la prise de conscience d'une humanité confrontée à la mondialisation, à l'information, à la Terre qui s'épuise, aux Etats Nations en perte d'influence... Lors des différentes étapes de l'indépendance de Mayotte, dont la première date de 1975, il aurait été intelligent de se préoccuper de l'avenir du reste de l'archipel et peut-être de définir une politique relationnelle et d'aide au développement pour éviter un flux trop important d'immigrés. Mais la politique est bien souvent menée par des vues à court terme, et les élus d'un instant laissent volontiers aux successeurs le soin de gérer dans l'urgence les problèmes qui sont générés par le manque de vision prospective.

En 1998, 7000 clandestins ont été reconduits à Anjouan. « Depuis 2006, les chiffres assignés à cette île de moins de 200 000 habitants par les ministres de l'intérieur successifs en terme d'éloignements des personnes qualifiées de «clandestines» ont été dépassés: 16 000 par an en moyenne dont 2 à 3 000 enfants. Pour les trois premiers trimestres de 2009, la préfecture annonçait 14 449 personnes éloignées dont 12 201 adultes et 2 248 enfants».2

A Mayotte, l'essentiel des migrants sont des comoriens qui traversent les 70 kilomètres qui séparent Mayotte de l'ïle d'Anjouan dans des embarcations fragiles appelées kwassas. De 100 à 200 personnes périraient chaque année dans cette traversée depuis l'instauration en 1995 du visa Balladur.3 Les reconduites à Anjouan sont parfois faites en dépit des situations familiales. Certains enfants, nés et scolarisés à Mayotte, voient leurs parents raccompagnés aux Comores, alors que ces parents vivent depuis de nombreuses années sur Mayotte mais ne sont pas en mesure de le prouver officiellement. Des drames sont ainsi créés, puisque les adultes raccompagnés n'ont qu'un seul but: revenir à Mayotte au sein de leur famille et de leur environnement, mais tous ne parviennent à franchir la zone maritime, les kwassas surchargés font trop souvent naufrage.

Pour en savoir plus et être ainsi correctement informé, il faut visiter les sites internet des diverses associations qui œuvrent à Mayotte en faveur de l'accès aux droits de tous: Migrants Outre Mer, Cimade, Gisti, Médecins du Monde, RESFIM (éducation sans frontière), Solidarité Mayotte, Ligue des droits de l'homme, Secours Catholique.

 

Références:

-1: Extrait du discours du président français à Mayotte le 18 janvier 2010.

- 2: Extrait d'un communiqué de Migrants Outre Mer, collectif d'associations pour les droits des migrants en Outre-mer

- 3: La Cimade, association de solidarité avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile.

- Les images de cet article sont tirées de Google Image

 


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