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L'information sous un autre angle

Objections et insoumissions

Les peuples du monde entier sont de plus en plus soumis aux règles de l'économie mondiale et aux avancées techniques et scientifiques, sans qu'ils aient la possibilité de faire entendre leur envie de liberté. Le mode de vie des hommes, dans le cadre de l'évolution moderne, met en péril l'environnement global et local.

Les pouvoirs se concentrent de plus en plus et les moyens technologiques mis en œuvre sont devenus parfois totalement incontrôlables, l'accident atomique du Japon en est un très bon exemple.

Dans ce village global, où chaque évènement est connu de la terre entière en quelques heures, il est d'usage de suivre les lois régionales, nationales, continentales, et bientôt mondiales... Mais tout le monde ne souhaite pas suivre les règles émises par le pouvoir centralisé. De tout temps il y a eu des gens pour dire non à la domination et à la servitude, ils ont généralement payé le prix fort pour ces prises de positions. Mais qui sont aujourd'hui les révoltés, ceux qui disent non à l'ordre qui est en cours de développement dans monde entier? Ont-ils d'autres alternatives à proposer, d'autres voies à suivre, sachant que maintenant nous avons pris conscience que notre monde est fermé. La terre est limitée dans l'espace et nous l'exploitation de manière inconsidérée, alors faut-il avoir peur de l'organisation planétaire qui se met en place?

Un monde global

Le monde d'aujourd'hui, en perpétuelle évolution, oblige l'être humain à une flexibilité totale, à une évolution professionnelle permanente, à une amélioration continuelle de ses compétences. Certains ne veulent pas jouer ce jeu qui consiste à courir après les évolutions, à subir les contraintes des puissances économiques, à faire allégeance aux règles du marché.

Quelque soit le pays où vous allez, il y a de fortes chances que vous trouviez un MacDo ou une autre de ces marques connues mondialement! Mais, si cette normalisation est bénéfique pour les grandes entreprises mondiales, est-elle nécessaire pour l'individu? Avons-nous vraiment besoin d'avoir une nourriture stéréotypée quelque soit la destination du voyage? Toutes les villes du monde finissent par se ressembler: trop de voitures, du bruit, des néons et des publicités trop présentes, des super marchés aux produits standardisés, des hôtels qui se ressemblent, etc...

"L'ennui naquit un jour de l'uniformité" comme l'a dit Antoine de La Motte-Houdar (1672-1731) dans sa fable intitulée "Les Amis trop d'accord": ,

C'est un grand agrément que la diversité.
Nous sommes bien comme nous sommes.
Donnez le même esprit aux hommes,
Vous ôtez tout le sel de la société ;
L'ennui naquit un jour de l'uniformité.

Il semble donc tout à fait normal que certains refusent l'ordre établi. L'organisation mondiale qui se met en place a pour objectif de contrôler et d'asservir les populations au bénéfice d'une élite de plus en plus riche et de plus en plus puissante. Ceux qui ne veulent plus fermer les yeux, ceux qui ne veulent plus participer aveuglement aux jeux du cirque, ceux là tentent désespérément de contrer l'avènement d'un ordre mondial par des actions de désobéissance et de refus.

« Un nouvel ordre mondial, peut voir le jour : une nouvelle ère, moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix. », voici ce que disait Georges H. W. Bush au congrès américain le 11 septembre 1990. Son fils a largement montré, par les conflits internationaux qu'il a lancé, qu'il était incapable de diminuer la peur des peuples à travers le monde. Les apôtres de la "théorie de l'empire global" considèrent que les évènements politiques et économiques récents sont les preuves que l'humanité se dirige vers un empire global dominé dans un premier temps par les Etats Unis qui, pour atteindre leurs objectifs, devraient s'allier avec l'ensemble de l'Europe.

Mais cette théorie de la domination du monde, par un pôle occidental dirigé par les américains, est de plus en plus contestée. Les problèmes que l'humanité commence à entrevoir ne peuvent être gérés que par une gouvernance mondiale, mais il faut éviter que cette gouvernance devienne totalitaire et sous l'emprise d'un seul Etat. Comme le souligne J. Attali, des perspectives considérables vous se présenter à ceux qui voudront bien oser penser le monde comme une totalité, et agir au lieu de se contenter de parler timidement. Le "gouvernement mondial" prôné par Attali est peut-être nécessaire, mais à condition qu'il ne soit par une organisation de domination des peuples.

Un nouveau type de gouvernance est-il possible? C'est en tout cas les orientations que souhaitent voir les insoumis, indignés et réfractaires d'aujourd'hui. Auront-il suffisamment de poids pour faire évoluer les idées? On peut espérer que la généralisation des moyens de communication et de diffusion leur permettront de faire entendre leurs voix. Ainsi l'avenir du monde n'appartiendra pas à une élite politique mondiale aux ordres d'une puissance économique.

Histoire des réfractaires

Ils ont dit «Non!». Non à la guerre, à la préparation. Non à l'uniforme, à l'enrôlement forcé. Non à la servitude et aux contraintes militaires.

Objecteurs, insoumis, déserteurs, réfractaires, ils appartiennent à un mouvement social mal connu, y compris de ceux qui ont une sympathie naturelle pour ce type de démarche. La jeunesse de ses membres, comme ses développements relativement récents, laissent même penser que ce mouvement social est sans passé, qu'il est sans histoire.

Mais cette histoire est bien réelle et les refus d'obéissance, qui parfois ont été des engagements forts, ont été retracés par Michel Auvray dans son livre "Objecteurs, insoumis, déserteurs - Histoire des réfractaires en France". Ce n'est plus un livre très récent mais son aspect historique est toujours valable, surtout à la lumière des récents évènements (révoltes des peuples de certains pays, indignation de S.Hessel, mouvement des indignés, etc...).

Des tout premiers chrétiens aux déserteurs de l'Ancien Régime, des insoumis de la Révolution à ceux du 1er Empire, des fusillés "pour l'exemple" de 14-18 aux opposants à la guerre d'Algérie, des objecteurs légalement reconnus aux insoumis "totaux", renvoyeurs de papiers militaires et autres objecteurs à l'impôt, le livre de M.Auvray est l'histoire de ceux qui ont refusé de se soumettre aux obligations militaires comme celle des résistants à la militarisation de la société.

Cette histoire est inséparable de celle des libertés. Elle est profondément actuelle et éclaire la signification des changements en cours. Une histoire qui, face à la montée des menaces actuelles, se révèle essentielle.

Les rapports entre l'individu et le pouvoir ont bien souvent été difficiles. Mais, pour pouvoir éclairer l'avenir et imaginer une petite lueur d'espoir, il faut être informé de ce passé qui, s'il n'est pas connu, n'en est pas moins réel.

Certains insoumis sont célèbres: Ghandi, Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela, Martin Luther King, etc. Pour avoir une liste un peu plus conséquente de ceux qui ont tenté de vivre un peu plus libres, il est intéressant de noter le livre "L'encyclopédie des rebelles, insoumis et autres révolutionnaires " de Anne Blanchard, Francis Mizio et Serge Bloch. D'autres sont moins célèbres, mais par leurs actions ils ont apporté, et apportent encore, au monde d'aujourd'hui des avancées importantes: objecteurs de conscience, déserteurs américains pendant la guerre du Viet Nam, étudiants chinois, moines tibétains.

Tous ces épris de liberté ont apporté une évolution des consciences. Entre un général de 1914-18, qui faisait fusiller ceux qui refusaient de combattre, et le statut officiel d'objecteur de conscience, que de chemin parcouru, mais aussi que de larmes et de souffrances.

Qui sont les révoltés aujourd'hui

Les insoumis, les objecteurs, ceux qui s'indignent, ceux qui se révoltent, ne représentent peut-être par un pourcentage plus important que par le passé, mais ils ont quelque chose de plus que n'avaient pas leurs aînés: la capacité de communiquer largement dans le monde entier et la possibilité de lancer des mouvements qui dépassent les responsables politiques en poste.

Les révolutions arabes, les indignés espagnols qui sont devenus mondiaux, les manifestants contre la dérive sécuritaire, les appels à l'indignation (S.Hessel), les journalistes qui présentent une autre vérité, ils sont nombreux aujourd'hui ceux souhaitent un autre monde.

Ainsi que l'écrit Jean Dornac, fondateur du site "Altermonde sans frontière", dans "Eloge de l'insoumission" : «L’insoumission est un état préalablement nécessaire à tout esprit de résistance. Ils ne résisteront jamais ceux qui sont soumis aux autorités, lois, traditions, autres pouvoirs ou décisions des pouvoirs.». Mais J.Dornac offre également une possibilité que n'avait pas les générations passées: « La mondialisation des insoumis, si elle se réalise dans de bonnes conditions d’entente et de coordination entre eux tous, sera le début et le meilleur garant de la construction d’une mondialisation faite par des hommes pour les hommes, donc profondément humaniste. Ce combat contre « l’hydre » capitaliste inhumain, sera la meilleure chance de début de construction d’un monde enfin uni

Les révoltés d'aujourd'hui peuvent devenir les artisans d'un véritable ouverture pour la création d'un monde humain. Ils sont utopistes certes, mais ils ont choisi entre l'utopie et la mort. Alors le mieux que nous puissions faire, tous ensemble, c'est de leur servir de vecteur de diffusion, c'est de dire ce qu'ils sont et ce qu'ils font partout dans le monde.

Faut-il avoir peur de l'organisation planétaire?

Le Nouvel Ordre Mondial est donc en cours de développement, mais faut-il pour autant en avoir peur? Les peuples ont-ils une chance de faire évoluer cette organisation planétaire afin de créer une gouvernance au service de l'humain? Et aussi une gouvernance au service de la Terre, car sans Terre vivable il n'y a pas d'humanité possible.

Trois solutions sont envisageables: un monde sans gouvernance laissé à la merci des marchés financiers et de l'économie, un monde totalement centralisé aux mains d'une élite dominante qui fait et défait des destins des humains, un monde partagé et gouverné par un ensemble de représentants à travers le monde entier au service de l'humanité.

Nous sommes dans le premier cas, le monde est actuellement sans gouvernance. Ce sont les marchés financiers qui mènent le monde actuellement, ils ne sont guidés que par l'appât du gain et de la rentabilité. Les peuples ne sont que des machines à produire dans le meilleur des cas, des bouches à nourrir pour le reste.

Mais des changements sont en cours. Des dirigeants de nations puissantes se concertent pour mettre en place un gouvernement mondial. Ils affirment que c'est pour le bien des peuples, mais pouvons-nous faire encore confiance à des politiques? En réalité il y a fort à parier que les actions qui sont envisagées sont destinées à mettre en place un gouvernement centralisé, qui contrôlera l'ensemble des individus et qui fera tout pour que les élites soient protégées, pour qu'elles puissent garder leurs possessions et leurs pouvoirs.

Mais, bien que le processus soit bien avancé, tout n'est pas joué. A travers le monde entier on voit des populations se révolter, des mouvements pacifistes obtenir des résultats probants, des penseurs tenter de créer de nouvelles voies pour vivre ensemble. Tous ces artisans auront-ils suffisamment de force, d'influence, de volonté pour orienter le nouvel ordre mondial vers une gouvernance humaniste au service de l'ensemble? Souhaitons-le!

Références:

 
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