Avec le réchauffement global du climat, la faune et la flore voient leurs conditions de vie perturbées, ce qui les poussent à migrer vers des zones plus clémentes.
Mais certaines espèces ne se déplacent pas assez vite pour atteindre une nouvelle destination. Les scientifiques envisagent de déplacer les espèces une à une, mais cette démarche n'est pas sans risque.
Faits et chiffres: «35% des espèces d'oiseaux, 52% des espèces d'amphibiens et 71% des espèces de coraux d'eau chaude sont susceptibles d'être profondément affectés par les changements climatiques, selon un rapport de l'UICN publié en octobre 2008. D'après la simulation numérique réalisée par Chris Thomas, de l'université de Leeds, entre 38 et 52% des espèces animales et végétales pourraient être en voie d'extinction à l'horizon 2050, faute de disposer d'habitat adapté pour survivre aux changements climatiques»1
Les espèces vivent généralement dans des zones où leurs performances sont optimales, c'est à dire des zones qui leur permettent: de conserver la compétitivités, les défenses immunitaires, la nourriture, les capacités à se développer et à se nourrir. Or ces besoins sont dépendants d'une température corporelle qui a de faibles capacités de variation. Les mammifères, par leur capacités de régulation de la température intérieure, sont moins sensibles aux variations de température, mais les animaux à sang froids et les plantes risquent d'être sérieusement affectés par les changements climatiques qui sont en cours.
Les chercheurs ont donc imaginés un concept d'assistance migratoire, qui consiste à accompagner le déplacement de certaines espèces. Mais ces mouvements dans les écosystèmes risquent de causer plus de problèmes qu'ils n'en résolvent. Si l'espèce qu'on déplace se trouve très confortablement installée dans son nouveau système, elle risque de détruire l'équilibre de l'écosystème d'accueil. Les déplacements envisagés consistent à envoyer vers des régions plus froides les espèces qui en ont besoin, mais quelles sont les solutions pour les espèces qui sont déjà au Nord.
« Qu'y a-t-il au delà du pôle Nord? Rien. Et c'est bien tout le problème que pose le réchauffement aux espèces cantonnées aux hautes latitudes, comme l'ours blanc, soumis à la fonte de la banquise en Arctique. Car si nombre d'organismes vivants se délocalisent vers les pôles, ceux qui y vivent déjà n'ont nulle part où migrer! L'ours blanc semble donc un bon candidat pour la migration assistée: on pourrait imaginer l'envoyer en Antarctique, continent de glace moins délicat que la fragile banquise. « Ce ne serait en aucun cas acceptable, assène Camille Parmesan. Car c'est un redoutable prédateur, et il autait tôt fait de décimer la population des manchots, ce qui n'est pas le but... » Que faire alors? De même que pour les fauves menacés d'extinction, « on peut imaginer introduire dans leur habitat de nouvelles proies », poursuit la chercheuse. Autre solution: la conservation ex istu, qui revient à congeler des gamètes de l'espèce menacée... en attenant le moment où les conditions nécessaires à leur survie seront à nouveaux réunies. »2
Pour en savoir sur le sujet il est conseillé de lire l'article "Des espèces placées sous assistance migratoire" écrit par Boris Bellanger dans Science & Vie de février 2009.
Références
1: Science & Vie N° 1097 de février 2009 - P. 76 – Boris Bellanger
2: Science & Vie N° 1097 de février 2009 - P. 80 – Boris Bellanger
3 : L'image de cet article a été tirée de Google image


