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Terre

Le dérèglement de l'équilibre de notre planète devient de plus en plus préoccupant, aurons-nous le pouvoir, l'intelligence, la sagesse nécessaires à une évolution vert un peu plus d'harmonie?

Ce n'est que très récemment que nous avons pris conscience du poids de l'humanité pour la Terre en termes de pollution et d'exploitation des ressources. Pourtant, depuis de nombreuses décennies, des chercheurs, des philosophes, des hommes politiques ont tiré les sonnettes d'alarme mais sans succès. Comme toujours les éclaireurs ne sont pas entendus et ce n'est que poussé par les impératifs de changement que l'Homme évolue. Aurons-nous cette fois suffisamment de temps pour redresser la situation et aller vers un rapport plus harmonieux avec notre petite boule-planète dans l'espace?

Les frontières n'existent plus lorsqu'on parle de catastrophes. Quand Tchernobyl éternue, c'est l'Europe qui s'enrhume. Quand la terre tremble dans un pays, toutes les autres nations sont concernées et apportent leur soutient. Un tsunami dans l'océan indien fait tellement de ravage que les pays riches interviennent pour apporter des médicaments et de la nourriture, au risque de voir un pays comme la Birmanie refuser toute aide! Les notions d'identités nationales sont supplantées par l'identité mondiale que nous devons développer impérativement sous peine de disparaître.

Les hommes sont, nous le savons maintenant, à l'origine du dérèglement de l'équilibre de notre mère nature. Nous participons activement à la sixième grande extinction mais aurons-nous l'intelligence, le pouvoir, la patience, la sagesse, nécessaires à un redressement de la situation? Ou allons-nous subir la même destinée que les dinosaures?

Les grandes extinctions que les scientifiques ont identifiées sont celles qui ont laissé des traces fossiles. Il y a 585 millions d'années c'est probablement un astéroïde qui est à l'origine de la première grande extinction, pendant laquelle on estime qu'un tiers de la vie a été anéantie. Il y a 387 millions d'années c'est encore un astéroïde qui est à l'origine de l'extinction d'une grande partie de la vie marine. Plusieurs impacts de météorites, il y a 245 millions d'années, sont à l'origine de la plus grande extinction jamais connue sur terre, 90% des espèces disparaissent alors. La quatrième extinction s'est produite il y a environ 208 millions d'années, là encore c'est probablement un impact avec un objet de l'espace qui est à l'origine de la disparition des grands vertébrés marins. La disparition des dinosaures, s'est produite il y a 65 millions d'années, toujours par l'impact d'un objet en provenance de l'espace. Pour première fois dans l'histoire de la Terre, une extinction pourrait arriver non pas suite à la collision avec un objet spatial, mais par le comportement d'une seule espèce: Homo sapiens.

Sur six milliards d'habitants sur terre, 1 milliard ne mange pas à sa fin tous les jours. Et pourtant la terre suffirait à produire suffisamment de nourriture pour l'ensemble des humains si nous savions partager et gérer, sans se préoccuper de la rentabilité des banques des pays riches. La faim demeure la principale cause de mortalité dans la monde. Le programme alimentaire mondial est confronté à la plus importante demande d'aide alimentaire depuis 40 ans. Les dettes des pays pauvres associées à une mauvaise répartition des richesses viennent s'ajouter aux sécheresses, inondations, montée du niveau des océans, attaques de prédateurs (criquets,...), manque d'eau, pour créer un déficit chronique de nourriture pour une partie importante de la population mondiale.

Les ressources hydriques sont directement dépendantes de l’impact humain sur l’environnement et sur le climat. La consommation d'eau augmente pour cultiver et obtenir le nourriture d'une population mondiale toujours croissante. La tendance à l’urbanisation, les notions de confort domestiques et les besoins industriels sont aussi à l'origine d'un utilisation importante de l'eau. Déjà 40% de la population planétaire est touchée par la pénurie d'eau et 3 800 enfants meurent chaque jour de maladies liées à un manque d’eau potable et d’hygiène. C'est au niveau de notre communauté mondiale qu'il faut agir pour développer une gestion seine et équilibrée des ressources hydriques, mais les volontés politiques manquent actuellement et dans 40 ou 50 ans il sera bien tard si nous n'agissons pas maintenant.

Mais le manque de nourriture et la manque d'eau ne sont pas les seuls grands problèmes auxquels est confronté aujourd'hui le genre humain. Le réchauffement climatique, du en grande partie aux activités humaines et notamment aux rejets dans l'atmosphère de gaz à effet de serre, semble déjà produire des effets non désirés tels que la fonte des glaces des pôles et des glaciers, la montée des niveaux océaniques, la modification de certains évènements comme l'augmentation de la fréquence des ouragans, ou l'évolution des courants marins (el nino). Si ce réchauffement s'accentue, et c'est ce qu'il va faire d'après les études scientifiques effectuées, alors des territoires entiers vont disparaître et des populations devront être accueillies sur des territoires qui ne leur appartiennent pas aujourd'hui. Le monde va devoir partager, en particulier le monde riche qui est à l'origine de la pollution et de la montée des eaux. Mais les américains ou les européens sont-ils prêts à recevoir les habitants du Bangladesh ou des Maldives?

Les responsables des pays développés, qui sont d'ailleurs prisonnier de leur électorat et de puissances financières incontournables, auront-ils la force de se préoccuper de notre avenir à 100 ou 200 ans? Il sont surtout préoccupés par leur réélection et leur vue est à très court terme. A part quelques personnalités de la politique, des arts, de l'humanitaire, il y bien peu d'effort fait pour que l'avenir de nos enfants soit serein. La Terre acceptera-t-elle longtemps notre poids inconsidéré? Le manque de jugement dont faisons preuve collectivement risque de nous coûter très cher. Hervé Kempf le dit également: "C'est dans les dix années à venir qu'il nous faut reprendre le gouvernail du cargo que dirigent aujourd'hui des capitaines irresponsables. Le développement durable n'a pour fonction que de maintenir les profits et d'éviter le changement des habitudes en modifiant, à peine, le cap. Mais ce sont les profits et les habitudes qui nous empêchent de changer de cap. Quelle est la priorité? Les profits, ou le bon cap?".1

Mais l'homme a prouvé plusieurs fois par le passé qu'il était capable de réagir à des situations graves. Gageons que cette fois il ne sera pas trop tard lorsqu'il réagira.

Références:
- Les photos de cet article ont été tirée de
Google Image
- 1: Hervé Kempf - Comment les riches détruisent la planète - Collection Essais - Edition du Seuil

 
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